Historique

L’hôpital doit son nom à Marie Lannelongue, épouse du professeur Odilon Lannelongue (1840-1911), membre de l’Académie de médecine et de l’Académie des sciences, réputé pour ses travaux sur les malformations congénitales et les pathologies osseuses (tuberculose notamment).

Marie et Odilon Lannelongue n’eurent pas d’enfants, mais les trente années de leur vie commune furent vouée au soulagement des misères et des malheurs humains. Ils créèrent ensemble, en 1895 la Ligue Fraternelle des Enfants de France.

Dès 1898, l’association sera reconnue d’utilité publique et devient le premier mouvement d’entraide de jeunes et la plus vieille œuvre sociale française de secours aux enfants.

Marie mourut en 1906, et le Professeur Lannelongue maintint son combat : C’est ainsi que vit le jour le premier « Dispensaire-Hôpital Marie Lannelongue » au 129 rue de Tolbiac, inauguré le 03 mai 1909.

Une histoire de développement de l’hôpital adapté aux nouvelles ambitions chirurgicales. Découvrez l’histoire d’un modèle hospitalier : Hôpital Marie Lannelongue

En 1895, Marie Lannelongue, épouse d’Odilon Lannelongue, Professeur de Chirurgie infantile connu pour ses travaux sur les malformations congénitales et les pathologies osseuses (tuberculose notamment), contribue à créer la Ligue Fraternelle des Enfants de France, la plus ancienne œuvre sociale française de secours aux enfants.

En 1909, le premier Dispensaire-Hôpital Marie Lannelongue pour enfants est construit dans le 13e arrondissement. Mais les locaux, occupés par la Croix-Rouge Française pendant la seconde guerre mondiale, furent retrouvés en très mauvais état en 1946.

Après 1945, l’Association pour le Développement du Centre Chirurgical Marie Lannelongue est crée, et avec le soutien des médecins américains du centre Rockfeller, et de la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale, l’association put reconstruire un centre de chirurgie cardio-thoracique pour enfants qui vit le jour en 1953.

Le 21 avril 1975, l’association prend le nom d’ « Association Marie Lannelongue ».

En 1977, l’hôpital sera déplacé au Plessis Robinson (92), afin de continuer à se développer dans les domaines des pathologies thoraciques et cardiovasculaires de l’adulte et de l’enfant ; il occupe depuis sa création une place prééminente au niveau national comme international dans le traitement de ces pathologies.

Une renommée internationale construite sur de grandes premières chirurgicales

  • 1955 : Première opération à cœur ouvert en Europe sur un enfant
  • 1962 : Première pose d’une valve mécanique en Europe
  • 1965 : Première pose d’une valve biologique
  • 1986 : Premier succès français de transplantation cœur-poumons
  • 1988 : Première transplantation bi-pulmonaire en France et Première transplantation cardiaque sur un nouveau-né à 6 jours de vie
  • 1995 : Début d’un programme d’endartériecromie pulmonaire pour l’hypertension pulmonaire post-embolique
  • 2003 : Première utilisation du scanner en diagnostic coronarien
  • 2004 : Première greffe autologue de trachée dans le monde en collaboration avec l’Institut Gustave Roussy (IGR)
  • 2009 : Première implantation percutanée de valve pulmonaire en France
  • 2012 : Création de l’Institut d’Oncologie Thoracique (IOT) concrétisant la collaboration entre l’Hôpital Gustave Roussy, l’Hôpital Marie Lannelongue et l’Université Paris-Sud

Marie Lannelongue peinture

Pour comprendre l’histoire de L’hôpital Marie Lannelongue et plus particulièrement celle du Pôle des Cardiopathies Congénitales, il faut remonter à 1885 et à la création de la Ligue Fraternelle des Enfants de France pour venir en aide aux enfants malheureux, avec la création d’un dispensaire.

Une tradition : prévention de l’enfance, soins des enfants et chirurgie infantile

 

■ Dès 1909, le dispensaire Marie Lannelongue assure des consultations pour les enfants et une assistance médicale (soins temporaires), notamment en oto-rhino-laryngologie et ophtalmologie. L’hôpital, destiné depuis 1912 à la chirurgie générale et infantile, a toutefois une forte activité en chirurgie orthopédique, dont le service est dirigé par le Dr. Henri Mayet (1867-1941), chirurgien à l’hôpital Saint-Joseph. Cette orientation spécifique, s’inscrit dans le contexte de l’essor de la chirurgie infantile associée à l’orthopédie, avec la création à Paris en 1899 de la première chaire de clinique chirurgicale des maladies des enfants. Installée à l’hôpital Trousseau (1901), puis en 1903 à l’hôpital des Enfants Malades, elle se dénomme en 1920, clinique chirurgicale infantile et orthopédie.

 

■ Durant l’entre-deux-guerres, une consultation réputée de neuropsychiatrie infantile se développe ainsi qu’un « hôpital de jour » pour enfants dans le cadre de la lutte contre la tuberculose. Cette dernière orientation (placement des enfants à la campagne, envoi en préventorium…) correspond à l’ambition de la Ligue française des enfants de France (LFEF) de participer à la prophylaxie antituberculeuse définie dès 1878 par Joseph Grancher (1843-1907), professeur des maladies des enfants à l’hôpital des Enfants Malades (1885), membre de la LFEF, président du conseil d’administration de l’Institut Pasteur et fondateur en 1903 de l’Oeuvre de prévention de l’enfance contre la tuberculose. Enfin, à partir du début des années 1920, la consultation des nourrissons se développe pour représenter au milieu des années 1950, plus de 72 % des consultations d’enfants de moins de 15 ans.

 

L’hôpital Marie Lannelongue à l’avant-garde d’une nouvelle orientation en chirurgie pédiatrique et néonatale

■ Depuis les travaux pionniers des professeurs Odilon Lannelongue (1840-1911) sur les affections congénitales (1894), Auguste Broca (1859-1924) sur la « Chirurgie infantile » (Traité, 1914), Louis Ombredanne (1871-1936) sur la « Clinique opératoire de chirurgie infantile » (Précis, 1923), les chirurgiens anglo-saxons, plus particulièrement William E. Ladd (1880-1967), rejoint au Children’s Hospital de Boston par Robert E. Gross (1905-1988), ont ouvert la voie dès les années 1940-1950, à la chirurgie viscérale de l’enfant et au traitement des malformations du nouveau-né, spécialement celles qui sont incompatibles avec la vie. Alors qu’ils font école auprès de jeunes chirurgiens durant la période 1950-1960, l’hôpital Marie Lannelongue se situe, quant à lui, à l’avant-garde de ce processus, puisque dès 1946 la vocation pédiatrique de l’hôpital est maintenue, mais orientée dorénavant vers la cardiologie infantile, afin d’opérer les enfants atteints de cardiopathies congénitales (les enfants bleus, notamment).

 

■ Suivant les avis et conseils des professeurs Robert Debré (1882-1978), fondateur de l’école française de pédiatrie, François Gaudart d’Allaines (1892-1974) de l’hôpital Broussais et du doyen Binet (1891-1971) de la faculté de médecine de Paris, l’hôpital Marie Lannelongue se transforme officiellement à l’automne 1949 en un centre de chirurgie intra-thoracique (cardio-vasculaire et pulmonaire), réservé en principe aux enfants mais également ouvert à un certain nombre d’adultes. Dès son inauguration en 1953, les orientations de l’hôpital Marie Lannelongue en chirurgie pédiatrique sont affirmées par son premier chirurgien-chef, le Dr Olivier Monod (1904-2000). Alors que commence à se développer après 1950 la médecine néonatale, nouveau champ de la médecine pédiatrique, grâce à la reconnaissance de la spécificité du nouveau-né tant du point de la physiologie, de la pathologie que de la thérapeutique, O. Monod souhaite augmenter les opérations de nourrissons présentant des cardiopathies congénitales. Il créé aussi une consultation externe de cardiologie infantile, assurée par le Dr Odile Schweisguth (1913-2000), assistante du professeur R. Debré à l’hôpital des Enfants Malades et fondatrice du premier service de cancérologie de l’enfant à l’Institut du cancer de Paul Brousse à Villejuif.

 

L’essor de la chirurgie des cardiopathies congénitales du nourrisson

 

■ La chirurgie des cardiopathies congénitales du nourrisson se développe surtout au début des années 1970, grâce aux progrès de l’anesthésie et de la réanimation du nouveau-né. Dans le cas de l’hôpital Marie Lannelongue, la réanimation post-opératoire était alors assurée par le service du professeur Gilbert Huault (1932-2013) de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul. Ce dernier a fondé en 1964 et dirigé d’abord dans le cadre du service du professeur Stéphane Thieffry (1910-1990), la première unité de réanimation pédiatrique de France (ventilation artificielle par intubation prolongée, traitement des syndromes apnéiques, des suites opératoires des cardiopathies, des détresses respiratoires du nouveau-né…). Dès 1974, l’hôpital Marie Lannelongue, prend en charge totalement les jeunes malades grâce à une unité de réanimation de 9 lits dirigée par le Dr Jacqueline Bruniaux. Le service de Réanimation nourrissons se développe encore avec l’installation de l’hôpital Marie Lannelongue au Plessis Robinson (1977). Dix ans plus tard, un peu plus de 35 % des 40 lits de réanimation concerne l’hospitalisation pédiatrique. Les techniques de l’hypothermie profonde puis de l’hypothermie généralisée par la circulation extracorporelle (CEC) permettent à l’équipe du service de cardiologie du professeur Jean-Paul Binet (1924-2008) de réaliser de très nombreuses interventions chirurgicales et d’obtenir la plus grande série mondiale de traitement chirurgical des anomalies des arcs aortiques chez l’enfant, d’avoir la plus grande expérience des emphysèmes lobaires géants du nourrissons et à la fin des années 1970, d’avoir la maîtrise d’une technique originale de traitement chirurgical de la Tétralogie de Fallot (enfants bleus).

 

■ Au début des années 1980, sous l’impulsion de J.-P. Binet, la chirurgie du nouveau-né (moins d’un mois et de moins de 5 kg), réalisée dans un cadre de semi-urgence, est en plein développement : coarctation aortique néonatale ; traitement chirurgical en urgence des retours veineux pulmonaire anormaux totaux ; nouvelle technique chirurgicale concernant la correction anatomique des transpositions des gros vaisseaux dès les premiers jours de la vie ; la réparation complète des canaux atrio-ventriculaires (première en 1959), est entreprise de plus en plus tôt dans la vie… De 1972 à 1982, avec 700 enfants opérés, le service de chirurgie cardio-vasculaire a la plus grande série mondiale de fermeture des communications interventriculaires (première réussite de fermeture d’une CIV en 1957). Si au début des années 1990, l’hôpital Marie Lannelongue compte 200 nourrissons opérés de transposition des gros vaisseaux « le switch » (première correction anatomique en 1984) par le professeur Claude Planché, ce qui constitue encore la plus grande série mondiale, les années 2000-2010 connaissent une moyenne annuelle de plus de 760 cardiopathies congénitales opérées dans le département des cardiopathies congénitales avec une très nette augmentation de l’activité chirurgicale (de plus de 200 cas) à la fin de la décennie.

 

■ Dans le domaine des greffes, qui posent tout autant que la chirurgie classique des cardiopathies chez l’enfant et le nourrisson, des problèmes d’éthiques, l’hôpital Marie Lannelongue s’avère également à la pointe des réalisations. En 1987, Claude Planché réalise la première greffe cardiaque (1ère européenne) sur un bébé de 6 jours. Un an plus tard, le professeur Philippe Dartevelle effectue la première greffe française cœur-poumon chez un enfant atteint de mucoviscidose. Une quinzaine d’années plus tard, la chirurgie pédiatrique fait état d’un bilan de 35 transplantations cardiaques chez des enfants, soit un peu moins de 20 % de l’ensemble des greffes réalisées à l’hôpital Marie Lannelongue, alors que se développent les techniques moins invasives de l’activité du cathétérisme interventionnel au sein du pôle des cardiopathies congénitales. Les résultats statistiques de la chirurgie pédiatrique et néonatale, la qualité des équipes, de l’environnement multidisciplinaire pédiatrique, l’association recherche clinique, recherche expérimentale et chirurgie, qui permettent aujourd’hui de sauver de nombreux enfants porteurs d’une cardiopathie congénitale, du fœtus à l’âge adulte, font de l’hôpital Marie Lannelongue, depuis plus de quarante ans, une référence mondiale dans ce domaine. La formation des équipes internationales, qui en résulte très directement, en fait foi.