Nouvelle découverte dans la recherche contre le rejet du greffon transplanté

 

L’équipe de transplantation pulmonaire et cardio-pulmonaire de l’Hôpital Marie Lannelongue reçoit le prix de la meilleure publication 2016 en transplantation pulmonaire.

Prix de la meilleure publication 2016 en transplantation pulmonaireDans les 5 ans suivant une transplantation pulmonaire, le taux de perte de fonction du greffon antérieurement appelée « rejet chronique du greffon » avoisine actuellement 50%.

Au terme de plusieurs mois de recherche, le Docteur Jérôme Le Pavec, Pneumologue et le Professeur Elie Fadel, Chirurgien, directeur du Pôle Thoracique, Vasculaire et Transplantation de l’Hôpital Marie Lannelongue, ont identifié un facteur associé à la perte du greffon.

En avril 2017, lors du congrès ISHLT (International Society of Heart and Lung Transplantation), ils ont reçu le prix de la meilleure publication 2016 en transplantation pulmonaire.

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Comprendre les facteurs à l’origine de la dysfonction chronique du greffon transplanté.

L’objectif de recherche du Docteur Jérôme Le Pavec et du Professeur Elie Fadel, consistait à identifier les facteurs contribuant à la survie des malades et au risque de développer une dysfonction du greffon chez les patients transplantés pulmonaires et cardiopulmonaires.

Un conflit immunitaire entre donneur et receveur

Poumons greffésIl existe chez chacun une carte d’identité cellulaire liée à l’expression des molécules HLA (human leukocyte antigen).
Dans la grande majorité des cas, la transplantation survient chez un receveur dont le système HLA est différent du système HLA porté par le greffon du donneur.
Il s’ensuit alors un conflit pouvant aboutir à la synthèse par le receveur d’anticorps tournés contre le système HLA du greffon que l’on appelle DSA (donor specific antibodies) c’est à dire anticorps spécifiques du donneur.

Ces anticorps peuvent générer une toxicité contre le greffon appelé rejet.

« Le rejet chronique du greffon correspond à une perte progressive et souvent inéluctable de la fonction du greffon » précise le Dr. J. Le Pavec.

Au même titre que l’infection et le reflux gastro-oesophagien, la toxicité de ces anticorps contribue à la perte de la fonction chronique du greffon.

La production précoce des anticorps dirigés contre le greffon impacte significativement la réussite de la greffe.

«Notre but était de déterminer l’impact pronostic des anticorps anti-greffon sur la survie et le développement d’une dysfonction chronique du greffon » explique le Dr. J. Le Pavec.

Les médecins ont alors porté leur étude sur un panel de 134 patients transplantés à l’Hôpital Marie Lannelongue entre 2008 et 2013.
Ils ont réussi à démontrer que les anticorps produits dans le premier mois post-transplantation sont ceux qui sont le plus fortement associés au risque de développement de la dysfonction chronique du greffon diminuant ainsi les chances de survie des malades.

La recherche continue : trouver un traitement pour limiter les risques de dysfonction chronique du greffon et améliorer la survie des malades.

Respirer après une greffe de poumons« Les conclusions de ce travail incitent à dépister de manière systématique la formation de ces anticorps précocement dans l’évolution post transplantation et de discuter au cas par cas une approche thérapeutique ciblant ces anticorps. » souligne le Dr.J.Le Pavec.

Grâce aux informations nouvelles apportées par cette étude, les équipes médicales de L’Hôpital Marie Lannelongue vont pouvoir maintenant évaluer le bénéfice des traitements contre la formation des anticorps dirigés contre le greffon.